Après 40 minutes à aller et venir dans les allées de ce magasin à copines, la nana de la caisse devait se dire que j’allais en prendre pour 400 euros. Que nenni. Ceci dit, 60 euros pour deux tee-shirts, c’est déjà beaucoup.
Alors pourquoi 40 minutes et pourquoi partir si précipitamment?!
Les 40 minutes, ce n’était certainement pas pour mieux profiter du type aux cheveux filasses qui s’était accaparé la vendeuse depuis mon entrée dans le magasin et que j’entendais se lamenter régulièrement: “Le jean Guess, il est vraiment bien mais 230 euros, c’est juste pas possible…”
La vendeuse d’acquiescer: “Oui, c’est vrai, mais même en 2 fois, tu pourrais pas payer…?”
J’avais l’impression d’être chez Connexion au rayon “Ecrans plats”… Merde, quand on n’a pas les moyens de se fringuer dans un magasin, on n’y rentre pas! (Ca, c’est une maxime que j’utilise souvent depuis ma dernière visite chez Hugo Boss… pendant les “soldes”).
Non, ces 40 minutes, ce n’était pas pour lui, mais pour l’Autre… Ah nom de bleu! Mon fantasme sur pattes: grand, brun, le dos large, la gueule un peu carrée mais pas trop, mignon… Bien fringué, un peu trop de bagues aux doigts pour être hétéro, et par moment, j’aurais pu jurer qu’il me tournait autour autant que je lui tournais autour… Bref, on aurait dit 2 fous de Bassan en parade amoureuse (les plumes au cul en moins…).
Au moment où je me dis qu’il va bien falloir entamer les hostilités et lui envoyer mon arme de distraction massive (Le Sourire, version 3.4. C’est la version avec agent orange, qui fait tomber toutes vos défenses…); au moment précis donc, je m’aperçois qu’il a disparu dans une cabine d’essayage pour essayer ses p’tites affaires. Je l’entends qui échange quelques mots avec la vendeuse et je me dis que ça serait dommage de m’éloigner si jamais il y a vait un morceau de peau à voir…
Et bien évidemment, il ressort de sa cabine avec son nouveau teeshirt dont la lourde étiquette de vente pend dans son dos, accrochée à l’étiquette intérieure, laissant entrevoir sa large nuque…
Et là, pendant deux secondes, je me dis que c’est quand même curieux d’avoir essayé son teeshirt par-dessus son pull angora…
Et deux secondes après, je me précipitais à la caisse pour payer mes articles.
PS: Et maintenant, ceux qui n’avaient pas compris le titre peuvent le relire.